Dimanche 21 Septembre 2008 LE CHÂTEAU DE MONTFAVIER
Le château de Montfavier est situé sur une hauteur dominant la vallée de l’Isle. La plus ancienne partie du château remonte au XVème siècle et a été remaniée aux XVII et XIXème siècles. Flanquée de trois tours, cette construction constitue un des fleurons architecturaux de notre patrimoine bâti. Cette propriété, qui possédait, à l’origine, une exploitation viticole a séduit des familles passionnées d’équitation. Pour en témoigner, l’écurie, située dans une magnifique dépendance comprenait une sellerie et des boxes à chevaux rivalisant avec les plus belles écuries de Chaumont sur Loire.
En 1472, on trouve la famille Georges installée dans la maison noble de Montfavier. En 1536, elle fut acquise par la famille Teuille. En 1606, Menaud de Richon, conseiller du roi et receveur-payeur des gages en la cour du Parlement de Bordeaux, achète la propriété pour son fils Etienne de Richon, chevalier, conseiller du roi et trésorier général de France. Elle reste en possession des Richon durant trois successions jusqu’à la Révolution : Bernard de Richon, écuyer, fils de Etienne et Philippe de Richon, conseiller honoraire au parlement de Bordeaux, fils de Bernard.
Pendant la Révolution, on pense que la propriété fut confisquée par l’état et vendue aux enchères. Montfavier passe alors à la famille de Rabar qui possédait déjà des terres à Bonzac. M. de Gères,gendre de M. de Rabar élit domicile à Montfavier. Il eut deux filles. Une épousa le baron de Sultzer et l’autre le chevalier de Massip, de l’ordre de Malte, propriétaire du château de Mallerei, à St-Loubès. Elle est l’arrière grand-mère du propriétaire actuel, Jean Vallet de Payraud, du château de Payraud, à Bonzac.
La baronne de Sultzer vendit Montfavier à M. de Osma, ancien ministre du Pérou à Londres qui y vécut en 1869, et qui s’appliqua à y apporter d’importantes améliorations. En 1874, ses vignes produisaient 20 tonneaux de rouge et 15 tonneaux de blanc.
Montfavier passa ensuite entre les mains de M. de Guilhemanson, un escrimeur passionné, dont son portrait, en costume d’escrimeur, épée à la main, avec la devise “pour fendre et se défendre”, daté de 1888, se trouve encore sur le mur de la bibliothèque du château. Son épouse, une excellente cavalière, montait chaque matin, en amazone, pour une promenade dans la campagne environnante.
En 1899, le château fut vendu à Albert Caron de la Carrière dont les chevaux au poil noir et luisant, richement harnachés étaient souvent attelés à un magnifique landau...
En 1925, Montfavier fut acquis par M. Frouin, député de la Gironde et vendu par ses héritiers en 1990, à M. Raphaël Benghiat.
Edward Guillon, dans son livre “Les châteaux historiques de la Gironde” (1869) écrit au sujet de Montfavier “une ancienne maison noble se prêtant aux idées superstitieuses ; aussi, les légendes ne lui ont-elles pas manquées...” On se souviendra notamment de celle du Vert-galant qui coucha, chez le seigneur de Montfavier, en 1585, année où il convoqua à Guîtres, dans la grande salle de l’abbaye, les députés des provinces et les chefs protestants. En 1587, Henri IV y coucha, la veille de la bataille de Coutras. Enfin, il existerait un ancien passage souterrain qui mènerait de Montfavier à l’église de St-Martin de Laye...
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